Les Cahiers Marxistes

Critique multidisciplinaire et éducation permanente depuis 1969

L'Europe avant le Big Bang

CM n°223
oct.-nov. 2002
Couverture du Cahier Marxiste 223

L'année 2002 a commencé avec l'arrivée de l'euro dans nos poches, et elle se termine par un forcing sur l'élargissement à l'Est : ces deux événements articulent l'état des lieux avant le big bang que les CM vous présentent, sur fond de dégonflement de la bulle financière.

Ces deux événements confirment aussi le déficit démocratique de l'Union, ils en donnent témoignage.

Car l'Etat européen, c'est bien la Banque centrale européenne, prétendûment "indépendante", et un pouvoir exécutif très réel mais sans contrôle spécifique, le Parlement européen n'ayant ni cette fonction ni même la réalité du pouvoir législatif.

Pour mener une politique néolibérale, démanteler les régulations nationales conquises par le mouvement ouvrier, cet Etat-là convient - il s'est constitué pour - et d'autant mieux qu'il est opaque, compliqué (voire confus à l'occasion).

Pour construire une Europe sociale, environnementale,... il faut un tournant démocratique. Et peut-être même pour restaurer une politique économique, et/ou notamment pour échapper à la dilution et à la stagnation dans une zone de libre-échange dominée par le dollar, c'est ce que soulignent Bismans et Bardos.

L'enjeu de "l'élargissement" est aussi là, mais on n'oubliera pas qu'il est présenté comme toujours-déjà décidé depuis des années, bel exemple de décision non démocratique imposée par la coupole des chefs d'Etat. Il n'empêche que rien ne laisse supposer que la reprise de la colonisation à l'Est donne une Europe plus sociale, plus soucieuse d'environnement ou plus démocratique. Ni même plus développée dans toutes ses régions et pour toutes les classes sociales : dumping social, vide fiscal, échanges inégaux iront croissant.

En l'espèce, un regard sur deux dossiers belges - celui de la sidérurgie en Wallonie, et celui de l'implantation du tertiaire à Bruxelles - est assez instructif pour conclure ce petit dossier.

Optimisme de la volonté : l'Europe des citoyens est à faire. Pessimisme de l'intelligence : l'Europe du capital est faite, et elle conduit à plus d'inégalité.

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