Les Cahiers Marxistes

Critique multidisciplinaire et éducation permanente depuis 1969

La prostitution, un droit de l'homme ?

CM n°216
juin-juillet 2000
Couverture du Cahier Marxiste 216

Jusque dans les années 80, la prostitution était perçue, dans la majorité des pays d'Europe occidentale, comme un problème : une activité difficile à supprimer mais à laquelle il ne fallait pas donner de statut légal. La loi n'interdisait pas la prostitution, par contre elle incriminait le proxénétisme.

Ce consensus est désormais rompu. Un courant à l'allure moderniste et progressiste est né qui plaide pour la reconnaissance de la prostitution en tant que travail sexuel à protéger et réguler. Diamétralement opposée à la vision "abolitionniste", selon laquelle la prostitution n'est pas une bonne chose, l'idée nouvelle que la prostitution est un métier comme un autre gagne du terrain, sans que les enjeux de cette approche "néo-réglementariste" ne soient vraiment connus du grand public.

Le numéro propose d'abord de l'information : sur le statut légal de la prostitution et la couverture sociale des prostitué-e-s en Belgique; sur l'historique de la demande de légalisation; sur des expériences de prévention dirigées vers les jeunes; sur le modèle suédois de répression du "client"; sur l'évolution des mentalités en matière de sexualité;...

Mais son principal objectif est de rappeler que, outre une question éthique, la prostitution soulève une question politique. Tous les auteurs ont en commun de refuser tant la vision conservatrice, hypocrite et stigmatisant la prostituée, que le regard moderniste, banalisant l'activité prostitutionnelle. Ils font apparaître l'enjeu de la "réglementation": légiférer pour laisser se développer librement le marché - planétaire - des services sexuels, dimension particulière d'une mondialisation qui creuse les inégalités socio-économiques, notamment au détriment des femmes.

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