Les Cahiers Marxistes

Critique multidisciplinaire et éducation permanente depuis 1969

A l'Est : 10 ans de recyclage des nomenklaturas

CM n°214
décembre 1999
Couverture du Cahier Marxiste 214

Il y a dix ans, la chute du Mur de Berlin faisait sauter un verrou qu'il fallait faire sauter. L'avenir était ouvert, sur tous les possibles : tous, du meilleur au pire ; l'optimisme de notre volonté n'ayant jamais étouffé le pessimisme de notre raison, lui-même éveillé par d'inquiétantes prises de position émanant de certains milieux dissidents.

Nous n'avons malheureusement aucune raison de nous réjouir du bilan de dix années de "réformes", qui ont vu assez rapidement les projets de transformation progressistes se réduire à l'intégration dans le processus de mondialisation de l'économie, avec des inégalités et des reculs sociaux brutaux, dans un contexte d'affirmation véhémente des identités nationales, ethniques, ou religieuses.

Notre publication, co-éditée avec la revue Samovar (et coordonnée avec un numéro parallèle de la Revue Nouvelle), esquisse un bilan pour la Russie et pour les pays d'Europe centrale et orientale.

Le fil rouge qui la parcourt est clair, à défaut d'être réjouissant, et notre titre en rend compte en allant à ce qui nous semble l'essentiel, à savoir la mue d'une classe dominante. La transition à l'Est prend alors de tout autres couleurs : et si, loin d'être en panne, elle était au contraire proche de son terme ? Conforme au rôle dévolu à ces pays dans la division mondiale du travail version XXIe siècle : latino-américanisation, tiers-mondisation, on a le choix du vocabulaire. Mais pas vraiment celui de l'avenir, coincé entre panzer-socialisme - expression désignant le "socialisme" des chars du Pacte de Varsovie règlant le sort du Printemps de Prague en 1968 - implosé, et lumpen- capitalisme, le capitalisme des perdants de la mondialisation. Qui s'en contenterait ?

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