Les Cahiers Marxistes

Critique multidisciplinaire et éducation permanente depuis 1969

Bruxelles : mixité sociale en théorie, ségrégation en pratique

CM n°211
décembre 1998
Couverture du Cahier Marxiste 211

A la question "mixité sociale : objectif ou moyen ?", posée dans un atelier des Etats généraux de l'écologie politique en janvier 1998, certains des participants étaient tentés de répondre d'emblée "ni l'un ni l'autre". Mais le débat prit une journée, et fut nourri d'exemples concrets nombreux. Ce numéro des CM est d'abord l'occasion de retrouver trace de l'exposé introductif et des trois rapports présentés ce jour-là.

Au départ de questions posées dans les débats, la rédaction des CM a entrepris de compléter ces textes en mobilisant quelques auteurs de plus. D'abord pour conforter la documentation du lecteur : état de la pauvreté dans la région, lutte contre les discriminations et notion de mixité en urbanisme, il s'agit en l'espèce de poser les bonnes questions dans les bons cadres. Ensuite pour élargir l'analyse à deux domaines où la notion de mixité n'a pas l'effet mécanique qu'on pourrait croire : aussi bien quand elle n'existe pas ou guère - mixité sociale dans les écoles - que quand elle est réalisée - garçons et filles dans les mêmes écoles, hommes et femmes dans la ville.

A l'inverse de certains programmes nord-américains, nos bons apôtres de la mixité sociale en théorie ne s'en soucient pas en pratique dans les écoles-ghettos, tandis qu'ils voudraient disperser les habitants des quartiers pauvres au lieu de favoriser leur auto-organisation (et au risque de détruire ce qui marche, notamment sur base communautaire).

Comme disait l'autre, pour lutter contre la pauvreté, il faut lutter contre la pauvreté. Et non la disperser, ni croire que voir des riches de plus près est un remède.

En post-scriptum, un document pour ne pas oublier une autre mixité bruxelloise - francophones/flamands - où, pas plus qu'ailleurs, le dos-à-dos n'est créatif, ni rigolo.

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