Les Cahiers Marxistes

Critique multidisciplinaire et éducation permanente depuis 1969

Dérives sécuritaires

CM n°200
nov.-déc. 1995
Couverture du Cahier Marxiste 200

Comme chacun d'entre nous, nos gouvernants ont été effrayés par la montée de l'extrême-droite. Mais contrairement à la plupart d'entre nous, et sans doute pour se rassurer eux-mêmes, ils ont d'abord vu dans cette montée un signal envoyé par "l'opinion", qu'il fallait rassurer.

Une idée les a mobilisés : ce signal a quelque chose à voir avec l'insécurité croissante de nos grandes villes. Les contrats de sécurité, passés avec une série de communes, constituent la mise en oeuvre principale de cette idée, mais ce n'est pas la seule : la Justice est concernée, le monde associatif est appâté-sommé de s'inscrire dans cette nouvelle politique, et des groupes sociaux sont désignés comme porteurs de risque - toxicos, immigrés, jeunes, etc.

L'Histoire nous apprend que ce n'est pas la première fois qu'une telle tentation est le fait des autorités. L'opposition des auteurs que nous avons réunis se révèle unanime face à l'idée que les bouleversements sociaux que nous subissons pourraient n'être régulés qu'a posteriori, à partir des ministères de l'Intérieur et de la Justice, en tenant pour seconds les terrains de l'emploi et de la couverture sociale : de ce point de vue, comme l'écrit Yves Cartuyvels, prévention et répression sont les deux facettes d'une même approche qui ne se pose pas le problème des solidarités à recréer.

De l'histoire à la philosophie, d'une réflexion sur les villes à l'analyse du contexte international, d'un point de vue de terrain à une lecture sociologique du phénomène, notre sommaire, que l'on trouvera ci-dessous, entreprend un tour des questions que le développement du sécuritaire pose à la démocratie.

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